Et si nous profitions de l'ouverture de la rocade ?
La phrase est lancée à la fin d'une assemblée générale, le 17 novembre 1995. Trente ans plus tard, elle fait courir six mille personnes un dimanche de janvier.
L'association Courir à Saint-Grégoire est jeune : elle a été créée le 28 décembre 1991, à l'impulsion de son président Joseph Kervella. Ce soir de novembre 1995, son bureau valide immédiatement le projet. Restait le plus difficile : convaincre la Direction départementale de l'équipement, maître d'œuvre d'une rocade dont le chantier avait suscité bien des protestations parmi les associations de riverains.
L'idée est accueillie avec enthousiasme par Vincent Cobée, chef du service des Grands Travaux de la DDE, et validée par sa direction. La date est actée : le samedi 13 janvier 1996, une course sur route de 10,5 kilomètres aurait bien lieu. L'occasion unique de courir sur la rocade avant son ouverture à la circulation.
En partenariat avec la DDE, les membres de l'association se mobilisent dans un délai serré. Pour cette première, le nombre de participants est limité à mille. La DDE, par l'intermédiaire de l'Association sportive de l'équipement, prend en charge la couverture médiatique et sollicite télévision, radio et presse écrite.
Le jour venu, après une matinée portes ouvertes au public, le starter libère à 14 h 30 les mille coureurs qui foulent les 10,5 kilomètres de chaussée entre l'échangeur de la route de Saint-Malo et celui de Cesson-Sévigné. La course est remportée par Jean-Luc Ohier, de Saint-Malo, champion de Bretagne du 10 000 m, et par Annie Trémoureux, de Saint-Grégoire.
La journée se termine salle de la Forge, par une soirée qui réunit les bénévoles et les partenaires. L'élan permet de reconduire l'événement l'année suivante, le 19 janvier 1997, cette fois recentré sur Saint-Grégoire et les berges du canal d'Ille-et-Rance.
Une belle histoire venait de commencer.